Fondements de la relation de Bernoulli
Hypothèses et établissement de la relation de Bernoulli
Le cadre du modèle
La relation de Bernoulli décrit l'écoulement d'un fluide parfait (non visqueux), incompressible, en régime permanent (stationnaire), le long d'une ligne de courant. Ces quatre hypothèses sont essentielles : dès qu'une seule n'est plus vérifiée, la relation classique ne s'applique plus telle quelle.
Établissement à partir du théorème de l'énergie cinétique
En appliquant le théorème de l'énergie cinétique à une tranche de fluide comprise entre deux sections d'un tube de courant, et en tenant compte du travail des forces de pression et du poids, on obtient entre deux points 1 et 2 d'une même ligne de courant :
P1 + (1/2) * rho * v1^2 + rho * g * z1 = P2 + (1/2) * rho * v2^2 + rho * g * z2
où P est la pression statique (Pa), rho la masse volumique (kg/m^3), v la vitesse (m/s), g l'accélération de pesanteur (environ 9.81 m/s^2) et z l'altitude (m).
Une grandeur constante le long d'une ligne de courant
Cette somme se conserve le long d'une même ligne de courant :
P + (1/2) * rho * v^2 + rho * g * z = constante
| Terme | Signification physique |
|---|---|
| P | énergie de pression par unité de volume |
| (1/2) * rho * v^2 | énergie cinétique par unité de volume |
| rho * g * z | énergie potentielle de pesanteur par unité de volume |
Pièges classiques
Un piège fréquent consiste à appliquer Bernoulli entre deux points qui ne sont pas situés sur la même ligne de courant, sans avoir justifié que l'écoulement est irrotationnel (auquel cas la constante est la même dans tout le fluide). Un autre piège classique : oublier que le fluide doit rester incompressible, ce qui est faux pour un gaz à grande vitesse (nombre de Mach élevé).

