Espaces et sous-espaces
Les sous-espaces vectoriels
La plupart du temps, on ne construit pas un espace vectoriel de zéro : on en isole un morceau à l'intérieur d'un autre. Ce morceau s'appelle un sous-espace vectoriel.
Le critère à appliquer
Une partie F d'un espace vectoriel E est un sous-espace vectoriel (« sev ») si :
1. F contient le vecteur nul 0 ∈ F
2. F est stable par addition u, v ∈ F -> u + v ∈ F
3. F est stable par multiplication u ∈ F, λ réel -> λu ∈ F
Les points 2 et 3 se regroupent en un seul test, celui qu'on utilise en pratique :
0 ∈ F et pour tous u, v ∈ F et tous λ, μ : λu + μv ∈ F
L'intérêt est considérable : vérifier ces trois points est beaucoup plus rapide que de revérifier les huit axiomes. Un sous-espace vectoriel est automatiquement un espace vectoriel.
Le test du vecteur nul
Il élimine en une seconde une grande partie des candidats. Si 0 n'est pas dedans, ce n'est pas un sous-espace vectoriel :
F = { (x ; y) tels que 2x - y = 0 } 0 = (0;0) vérifie 0 - 0 = 0 ✔ sev
G = { (x ; y) tels que 2x - y = 3 } 0 ne vérifie pas 0 - 0 = 3 ✘ pas sev
Géométriquement, F est une droite passant par l'origine, G une droite parallèle qui ne passe pas par O.
À quoi ressemblent les sous-espaces
Dans R³, la liste est courte et complète :
{0} une droite un plan R³ entier
passant par O passant par O
• / ________
/ • /_______/
/ (par l'origine)
dimension 0 dimension 1 dimension 2 dimension 3
Tout sous-espace contient l'origine et s'étend indéfiniment dans ses directions. Un segment, un disque, une sphère, une parabole ne sont donc jamais des sous-espaces vectoriels.
Les deux façons d'en fabriquer
Par des équations (description implicite) : l'ensemble des solutions d'un système homogène est toujours un sous-espace vectoriel.
F = { (x;y;z) : x + 2y - z = 0 } un plan de R³
Par des générateurs (description paramétrique) : on prend des vecteurs et on forme toutes leurs combinaisons. L'ensemble obtenu se note Vect(u, v) et s'appelle le sous-espace engendré.
Vect(u) = toutes les droites λu -> une droite
Vect(u, v) = { λu + μv } -> un plan (si u et v ne sont pas colinéaires)
Passer d'une description à l'autre — équations ⟷ générateurs — est exactement le travail du pivot de Gauss.
Intersection et somme
F ∩ G (intersection) -> TOUJOURS un sous-espace vectoriel
F ∪ G (réunion) -> presque jamais
F + G = { u + v } -> toujours un sous-espace vectoriel
La réunion de deux droites distinctes du plan n'est pas stable : en additionnant un vecteur de l'une et un vecteur de l'autre, on sort des deux droites. C'est pour la réparer qu'on définit la somme F + G.
En résumé
- Un sous-espace vectoriel contient
0et est stable par combinaison linéaire. - Le test du vecteur nul élimine immédiatement les candidats décalés de l'origine.
- Dans
R³:{0}, une droite par O, un plan par O, ouR³tout entier. - Les solutions d'un système homogène forment un sous-espace vectoriel.
Vect(u, v)— l'ensemble des combinaisons — est le sous-espace engendré.- L'intersection est un sev, la réunion presque jamais.

