Le théorème du point fixe et ses applications
Énoncé et démonstration
Énoncé du théorème
Théorème du point fixe de Banach. Soit une partie fermée et non vide de , et une application -contractante, avec . Alors admet un unique point fixe dans , et pour tout de , la suite définie par converge vers .
Trois hypothèses, aucune superflue : fermé — un segment fait parfaitement l'affaire —, la stabilité , et la contraction stricte .
L'énoncé de Banach, publié en 1922, vaut en réalité dans tout espace métrique complet, ce qui en fait l'un des outils les plus réutilisés de l'analyse.
Démonstration
Existence. Partons d'un point quelconque de et posons ; la stabilité garantit que la suite reste bien définie dans .
La contraction appliquée à deux termes consécutifs donne
d'où, par récurrence, .
Pour , l'inégalité triangulaire et la somme d'une série géométrique donnent alors
Le majorant tend vers quand tend vers l'infini, indépendamment de : la suite est de Cauchy. Comme est complet, elle converge vers un réel , et comme est fermé, appartient à .
Une fonction contractante étant continue, le passage à la limite dans donne .
Unicité. Supposons deux points fixes et . Alors
donc . Comme , il vient , c'est-à-dire .
Chaque hypothèse est nécessaire
| Hypothèse retirée | Contre-exemple | Ce qui échoue |
|---|---|---|
| fermé | sur | la limite sort de |
| sur | la suite quitte l'intervalle | |
| strict | sur | aucun point fixe |
| non vide | — | rien à démontrer |
Piège classique
Oublier de vérifier la stabilité . C'est l'étape que l'on saute le plus volontiers, et c'est pourtant elle qui demande le vrai travail dans un exercice : il faut établir un encadrement de sur , souvent par une étude de variations. Sans elle, la suite des itérées n'est même pas définie.

