Une fonction f est dite k-lipschitzienne sur I s'il existe une constante k≥0 telle que
∀(x,y)∈I2,∣f(x)−f(y)∣≤k∣x−y∣
Une telle fonction est uniformément continue : pour ε>0 donné, le choix δ=kε convient partout lorsque k>0, et n'importe quel δ convient si k=0.
En pratique, l'inégalité des accroissements finis fournit le critère le plus commode : si f est dérivable sur I avec ∣f′(x)∣≤k pour tout x, alors f est k-lipschitzienne, donc uniformément continue.
Une hiérarchie à retenir
lipschitzienne⟹uniformeˊment continue⟹continue
Aucune des deux implications ne se renverse.
La fonction racine carrée le montre : sur [0;+∞[, l'inégalité ∣x−y∣≤∣x−y∣ donne la continuité uniforme avec δ=ε2. Elle n'est pourtant lipschitzienne sur aucun voisinage de 0, puisque
x−0x−0=x1x→0++∞
Le module de continuité
L'outil qui mesure tout cela d'un coup est le module de continuité :
ωf(t)=sup{∣f(x)−f(y)∣:(x,y)∈I2,∣x−y∣≤t}
La fonction f est uniformément continue sur I si et seulement si ωf(t)→0 quand t→0+. C'est une reformulation, mais elle rend les majorations d'erreur bien plus lisibles.
f
I
ωf(t)
Uniformément continue ?
x↦3x+1
R
3t
oui
x↦sinx
R
≤t
oui
x↦x
[0;+∞[
t
oui, non lipschitzienne
x↦x2
R
+∞
non
x↦x1
]0;1]
+∞
non
x↦x1
[1;+∞[
≤t
oui, 1-lipschitzienne
Piège classique
Croire qu'une fonction continue et bornée est automatiquement uniformément continue. Contre-exemple : f(x)=sin(x1) sur ]0;1] ne prend que des valeurs de [−1;1], et pourtant, avec
xn=2πn+2π1etyn=2πn1
on obtient ∣xn−yn∣→0 alors que ∣f(xn)−f(yn)∣=1 pour tout n. Ce qui manque ici n'est pas le caractère borné de f, mais le caractère fermé de l'intervalle en 0.