Théorème et applications
Le théorème de la moyenne
On a vu que la valeur moyenne μ est une hauteur comprise entre le minimum et le maximum de f. Le théorème de la moyenne affirme quelque chose de plus fort : pour une fonction continue, cette hauteur moyenne est réellement atteinte par la fonction en au moins un point.
Si f est continue sur [a ; b], alors il existe c dans [a ; b] tel que :
f(c) = μ = 1/(b − a) · ∫ de a à b f(x) dx
Géométriquement : il existe (au moins) une abscisse c où la courbe passe exactement à la hauteur du rectangle moyen.
f(x)
| __--‾‾--__
| _/ •c \_ <- en c, la courbe touche la hauteur μ
|μ__/______________\__
|
+--+------+--------+--> x
a c b
La démonstration s'appuie sur le théorème des valeurs intermédiaires : puisque μ est coincée entre min(f) et max(f), et que f continue prend toutes les valeurs intermédiaires, elle doit passer par μ quelque part.
Pourquoi la continuité est-elle indispensable ? Sans elle, une fonction pourrait « sauter » par-dessus la valeur μ sans jamais l'atteindre. Le théorème échoue alors.
f continue -> la moyenne est atteinte (∃ c, f(c) = μ)
f discontinue -> la moyenne peut n'etre jamais atteinte
Ce théorème est le pendant intégral du théorème des accroissements finis pour les dérivées. Il assure que la moyenne n'est pas qu'un artefact de calcul : c'est une valeur effectivement prise par la fonction. Retiens l'énoncé et son ingrédient clé — la continuité.

