La série exponentielle
Le point de départ de la démonstration est le développement en série de e, obtenu en évaluant la série exponentielle en 1 :
e=k=0∑+∞k!1=1+1+21+61+241+1201+⋯
La convergence est très rapide. Notons les sommes partielles et le reste :
Sn=k=0∑nk!1etRn=e−Sn=k=n+1∑+∞k!1
| n |
Sn |
e−Sn |
| 2 |
25=2,5 |
≈2,18×10−1 |
| 4 |
2465≈2,70833 |
≈9,95×10−3 |
| 6 |
7201957≈2,71806 |
≈2,26×10−4 |
| 10 |
≈2,7182818 |
≈2,73×10−8 |
La majoration décisive du reste
Toute la démonstration repose sur l'encadrement suivant, valable pour n≥1 :
0<Rn<n⋅n!1
Minoration. Tous les termes de Rn sont strictement positifs, donc Rn>0.
Majoration. Factorisons par le premier terme :
Rn=(n+1)!1(1+n+21+(n+2)(n+3)1+⋯)
Chaque facteur n+j1 est majoré strictement par n+11 dès que j≥2, donc la parenthèse est majorée par la série géométrique de raison n+11 :
Rn<(n+1)!1j=0∑+∞(n+1)j1=(n+1)!1⋅nn+1=n⋅n!1
Pourquoi cette majoration est la bonne
Multiplions l'encadrement par n! :
0<n!Rn<n1
La quantité n!Rn est donc coincée strictement entre 0 et n1, c'est-à-dire strictement entre 0 et 1 dès que n≥2. Il suffira de démontrer que ce nombre est un entier pour obtenir l'absurdité : c'est exactement le programme du chapitre suivant.
Piège classique
Confondre n⋅n!1 et (n+1)!1, ou se contenter de la majoration grossière Rn<(n+1)!1⋅(n+1)=n!1. Cette dernière donne seulement n!Rn<1 sans strict contrôle utile pour n petit ; la version en n⋅n!1 est celle qui rend la contradiction immédiate.