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Approcher une intégrale

Pourquoi approcher ?

Le calcul intégral repose sur les primitives : pour évaluer f\displaystyle\int f, on cherche une fonction FF telle que F=fF' = f, puis on calcule F(b)F(a)F(b) - F(a). Mais un fait dérangeant demeure : beaucoup de fonctions n'ont pas de primitive exprimable avec les fonctions usuelles.

L'exemple le plus célèbre est la « cloche » des probabilités :

f(x)=ex2f(x) = e^{-x^2}

Cette fonction n'a aucune primitive exprimable en termes de fonctions usuelles : impossible de l'écrire avec des exponentielles, des logarithmes ou des polynômes. Pourtant, l'aire sous cette courbe existe bel et bien, et elle est fondamentale — loi normale, physique, statistiques. Il faut donc la calculer autrement.

C'est le rôle de l'intégration numérique : au lieu de chercher une formule exacte, on approche la valeur de l'intégrale par un calcul direct, à partir de quelques valeurs de ff.

Approche Ce qu'on calcule
intégrale exacte abf=F(b)F(a)\displaystyle\int_a^b f = F(b) - F(a), si une primitive FF existe
intégration numérique abf\displaystyle\int_a^b f \approx une combinaison de f(x0),f(x1),,f(xn)f(x_0), f(x_1), \ldots, f(x_n)

L'idée reprend celle des sommes de Riemann : découper [a;b][a \,;\, b] en nn morceaux, évaluer ff en quelques points, et combiner ces valeurs. Toute la finesse est dans la façon de combiner : plus elle est astucieuse, meilleure est l'approximation à nombre de points égal.

C'est ainsi que fonctionnent les calculatrices et les ordinateurs quand tu leur demandes une intégrale « impossible ». Retiens le point de départ : quand la primitive manque, on calcule l'aire numériquement, avec des méthodes de plus en plus précises.