Approcher une intégrale
Pourquoi approcher ?
Le calcul intégral repose sur les primitives : pour évaluer , on cherche une fonction telle que , puis on calcule . Mais un fait dérangeant demeure : beaucoup de fonctions n'ont pas de primitive exprimable avec les fonctions usuelles.
L'exemple le plus célèbre est la « cloche » des probabilités :
Cette fonction n'a aucune primitive exprimable en termes de fonctions usuelles : impossible de l'écrire avec des exponentielles, des logarithmes ou des polynômes. Pourtant, l'aire sous cette courbe existe bel et bien, et elle est fondamentale — loi normale, physique, statistiques. Il faut donc la calculer autrement.
C'est le rôle de l'intégration numérique : au lieu de chercher une formule exacte, on approche la valeur de l'intégrale par un calcul direct, à partir de quelques valeurs de .
| Approche | Ce qu'on calcule |
|---|---|
| intégrale exacte | , si une primitive existe |
| intégration numérique | une combinaison de |
L'idée reprend celle des sommes de Riemann : découper en morceaux, évaluer en quelques points, et combiner ces valeurs. Toute la finesse est dans la façon de combiner : plus elle est astucieuse, meilleure est l'approximation à nombre de points égal.
C'est ainsi que fonctionnent les calculatrices et les ordinateurs quand tu leur demandes une intégrale « impossible ». Retiens le point de départ : quand la primitive manque, on calcule l'aire numériquement, avec des méthodes de plus en plus précises.

