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L'aire sous une courbe

L'intégrale comme aire algébrique

L'intégrale abf(x)dx\displaystyle\int_a^b f(x)\,\mathrm{d}x mesure une aire — mais une aire algébrique, c'est-à-dire signée. C'est le point crucial à comprendre pour ne jamais se tromper.

Là où la courbe est au-dessus de l'axe des abscisses, quand ff est positive, l'aire compte positivement. Là où elle passe en dessous, quand ff est négative, l'aire compte négativement.

Position de la courbe Signe de ff Contribution à l'intégrale
au-dessus de l'axe f(x)>0f(x) > 0 positive
en dessous de l'axe f(x)<0f(x) < 0 négative

Conséquence importante : si une partie est au-dessus et une autre en dessous, l'intégrale fait la différence des deux aires.

abf(x)dx=aire au-dessusaire en dessous\int_a^b f(x)\,\mathrm{d}x = \text{aire au-dessus} - \text{aire en dessous}

Elle peut même être nulle si les deux se compensent, alors que la surface réellement colorée, elle, n'est pas nulle.

Un exemple parlant : l'intégrale de la fonction sinus sur une période complète vaut 00, car la bosse positive et le creux négatif se compensent exactement.

02πsinxdx=[cosx]02π=1+1=0\int_0^{2\pi} \sin x\,\mathrm{d}x = \bigl[-\cos x\bigr]_0^{2\pi} = -1 + 1 = 0

Pourtant, la surface entre la courbe et l'axe n'est pas nulle.

Retiens la distinction, source de la moitié des erreurs : l'intégrale donne une aire signée. Si l'on veut la vraie aire géométrique, toujours positive, il faut tenir compte du signe de ff — c'est l'objet de la leçon suivante.