Le théorème de Bolzano-Weierstrass
Portée du théorème et limites
Le passage en dimension supérieure
Dans , le théorème reste vrai, et se démontre par extractions successives. Soit une suite bornée de , de coordonnées .
La suite est bornée : on en extrait convergente. La suite est encore bornée : on en extrait convergente. Comme une sous-suite d'une suite convergente converge vers la même limite, la première coordonnée converge toujours après cette seconde extraction. La sous-suite converge donc dans .
Le procédé se répète fois en dimension , et s'applique tel quel à , vu comme .
Les grands théorèmes qui en découlent
| Résultat | Rôle de Bolzano-Weierstrass |
|---|---|
| Théorème des bornes atteintes | extraire d'une suite maximisante |
| Théorème de Heine | extraire des deux suites de la négation |
| est complet | une suite de Cauchy bornée, avec une sous-suite convergente, converge |
| Théorème de Borel-Lebesgue dans | équivalence des définitions de la compacité |
Prenons le premier. Si est continue sur , on considère — a priori dans — et une suite de telle que . La suite est bornée, donc on en extrait , avec car le segment est fermé. La continuité donne , d'où : la borne supérieure est finie et atteinte.
Là où le théorème s'arrête
En dimension infinie, il tombe. Dans l'espace des suites de carré sommable, considérons la base canonique , où a un au rang et des ailleurs. Cette suite est bornée, puisque pour tout , et pourtant
Aucune sous-suite n'est de Cauchy, donc aucune ne converge. C'est le contenu du théorème de Riesz : la boule unité fermée d'un espace vectoriel normé est compacte si et seulement si l'espace est de dimension finie.
Ce que le théorème dit de
Bolzano-Weierstrass n'est pas un accident de calcul : il est équivalent à la propriété de la borne supérieure, donc à la construction même de . Dans , l'énoncé est faux — la suite des troncatures décimales de est bornée, et aucune de ses sous-suites ne converge vers un rationnel.
Piège classique
Conclure « la suite converge » après avoir appliqué le théorème. Il ne donne que l'existence d'une sous-suite convergente. Pour remonter à la suite entière, il faut un argument supplémentaire : l'unicité de la valeur d'adhérence, la monotonie, ou le caractère de Cauchy.
Second piège : appliquer le théorème sans vérifier que la suite est bornée. Pour , ou pour , aucune sous-suite ne converge.

