Pulsars
0 %
Log inSign up

Le théorème de Bolzano-Weierstrass

Portée du théorème et limites

Le passage en dimension supérieure

Dans Rd\mathbb{R}^d, le théorème reste vrai, et se démontre par extractions successives. Soit (un)\left(u_n\right) une suite bornée de R2\mathbb{R}^2, de coordonnées (xn,yn)\left(x_n, y_n\right).

La suite (xn)(x_n) est bornée : on en extrait (xφ(n))\left(x_{\varphi(n)}\right) convergente. La suite (yφ(n))\left(y_{\varphi(n)}\right) est encore bornée : on en extrait (yφψ(n))\left(y_{\varphi \circ \psi(n)}\right) convergente. Comme une sous-suite d'une suite convergente converge vers la même limite, la première coordonnée converge toujours après cette seconde extraction. La sous-suite (uφψ(n))\left(u_{\varphi \circ \psi(n)}\right) converge donc dans R2\mathbb{R}^2.

Le procédé se répète dd fois en dimension dd, et s'applique tel quel à C\mathbb{C}, vu comme R2\mathbb{R}^2.

Les grands théorèmes qui en découlent

Résultat Rôle de Bolzano-Weierstrass
Théorème des bornes atteintes extraire d'une suite maximisante
Théorème de Heine extraire des deux suites de la négation
R\mathbb{R} est complet une suite de Cauchy bornée, avec une sous-suite convergente, converge
Théorème de Borel-Lebesgue dans Rd\mathbb{R}^d équivalence des définitions de la compacité

Prenons le premier. Si ff est continue sur [a;b][a \,;\, b], on considère M=supfM = \sup f — a priori dans R{+}\mathbb{R} \cup \{+\infty\} — et une suite (xn)(x_n) de [a;b][a \,;\, b] telle que f(xn)Mf(x_n) \to M. La suite (xn)(x_n) est bornée, donc on en extrait xφ(n)cx_{\varphi(n)} \to c, avec c[a;b]c \in [a \,;\, b] car le segment est fermé. La continuité donne f(xφ(n))f(c)f\left(x_{\varphi(n)}\right) \to f(c), d'où M=f(c)M = f(c) : la borne supérieure est finie et atteinte.

Là où le théorème s'arrête

En dimension infinie, il tombe. Dans l'espace 2\ell^2 des suites de carré sommable, considérons la base canonique (en)\left(e_n\right), où ene_n a un 11 au rang nn et des 00 ailleurs. Cette suite est bornée, puisque en=1\lVert e_n \rVert = 1 pour tout nn, et pourtant

enem=2deˋs que nm\lVert e_n - e_m \rVert = \sqrt{2} \qquad \text{dès que } n \neq m

Aucune sous-suite n'est de Cauchy, donc aucune ne converge. C'est le contenu du théorème de Riesz : la boule unité fermée d'un espace vectoriel normé est compacte si et seulement si l'espace est de dimension finie.

Ce que le théorème dit de R\mathbb{R}

Bolzano-Weierstrass n'est pas un accident de calcul : il est équivalent à la propriété de la borne supérieure, donc à la construction même de R\mathbb{R}. Dans Q\mathbb{Q}, l'énoncé est faux — la suite des troncatures décimales de 2\sqrt{2} est bornée, et aucune de ses sous-suites ne converge vers un rationnel.

borne supeˊrieure    segments emboıˆteˊs    Bolzano-Weierstrass    suites de Cauchy convergentes\text{borne supérieure} \iff \text{segments emboîtés} \iff \text{Bolzano-Weierstrass} \iff \text{suites de Cauchy convergentes}

Piège classique

Conclure « la suite converge » après avoir appliqué le théorème. Il ne donne que l'existence d'une sous-suite convergente. Pour remonter à la suite entière, il faut un argument supplémentaire : l'unicité de la valeur d'adhérence, la monotonie, ou le caractère de Cauchy.

Second piège : appliquer le théorème sans vérifier que la suite est bornée. Pour un=nu_n = n, ou pour un=ncosnu_n = n \cos n, aucune sous-suite ne converge.