Le mécanisme de la sélection naturelle
Un exemple concret : les phalènes du bouleau
Un papillon, deux couleurs
La phalène du bouleau est un papillon nocturne anglais qui existe sous deux formes : une forme claire, mouchetée de gris et blanc, et une forme sombre, presque noire. Cette différence de couleur est due à une variation génétique naturelle, présente dans la population bien avant les événements que nous allons décrire.
Avant la révolution industrielle
Avant le XIXe siècle, les troncs des arbres où se posent ces papillons étaient recouverts de lichens clairs. Sur ce fond clair, la forme claire du papillon était bien camouflée face aux oiseaux prédateurs, alors que la forme sombre se voyait beaucoup plus et se faisait repérer plus facilement. Résultat : la forme claire dominait très largement la population.
Pendant la révolution industrielle
La pollution industrielle en Angleterre a noirci les troncs d'arbres (suie) et tué les lichens clairs. Sur ce nouveau fond sombre, c'est la forme claire qui devenait visible et vulnérable aux prédateurs, alors que la forme sombre se retrouvait mieux camouflée. En quelques décennies seulement, la proportion de papillons sombres est devenue largement majoritaire dans certaines régions industrielles.
Après la dépollution
À partir de la seconde moitié du XXe siècle, les lois anti-pollution ont permis aux troncs de retrouver une couleur plus claire. La proportion de papillons clairs est alors remontée, confirmant que le mécanisme observé était bien réversible et directement lié à l'environnement.
Ce que cet exemple démontre
- La variation (clair/sombre) existait déjà avant tout changement d'environnement : la pollution ne l'a pas créée, elle a changé quel avantage elle procurait.
- Ce sont les oiseaux prédateurs qui, en repérant plus facilement la forme la moins camouflée, ont fait varier les proportions dans la population : c'est la sélection naturelle en action, observée et mesurée sur seulement quelques décennies.
Retiens l'essentiel
Cet exemple, l'un des mieux documentés en écologie, montre la sélection naturelle à l'œuvre à une échelle de temps humaine, et confirme qu'elle agit sur des proportions dans une population, jamais sur un individu qui « changerait de couleur ».

