La loi des gaz parfaits

Le modèle microscopique et ses limites

Pourquoi cette loi si simple fonctionne-t-elle ? Parce que, sous le nom de « gaz parfait », se cache un modèle microscopique limpide. On imagine le gaz comme une nuée de molécules minuscules qui :

   - sont ponctuelles (leur volume propre est negligeable)
   - n'interagissent pas a distance (aucune force entre elles)
   - rebondissent sans perte sur les parois et entre elles

Deux grandeurs macroscopiques prennent alors un sens concret :

   PRESSION     = l'effet des milliards de chocs des molecules sur les parois
   TEMPERATURE  ∝ l'energie cinetique moyenne des molecules (leur agitation)

La pression, c'est le tambourinement incessant des molécules sur les parois : plus elles sont nombreuses ou rapides, plus la pression est grande. La température, elle, mesure directement l'agitation : chauffer un gaz, c'est accélérer ses molécules. Au zéro absolu, elles seraient au repos — d'où l'existence d'une température minimale.

   T basse : molecules lentes  ·  ·   ·      (peu de chocs, faible pression)
   T haute : molecules rapides ·´·`·´·`·´·   (chocs violents, forte pression)

Ce modèle a ses limites. Il suppose des molécules sans taille et sans interaction — ce qui est faux. À haute pression (molécules serrées, leur volume compte) ou à basse température (les forces d'attraction deviennent sensibles, le gaz tend à se liquéfier), les gaz réels s'écartent de PV = nRT. Le « gaz parfait » est donc une idéalisation : excellente pour l'air ambiant, prise en défaut aux conditions extrêmes. C'est un bel exemple de modèle physique — simple, puissant, et conscient de son domaine de validité.