Extremums et théorème de Rolle
Le théorème de Rolle
Énoncé du théorème de Rolle
Théorème de Rolle. Soit une fonction continue sur , dérivable sur , avec et . Alors il existe au moins un réel de tel que .
Graphiquement : si la courbe revient à la même hauteur, elle possède quelque part une tangente horizontale. Michel Rolle énonce ce résultat en 1691, pour les polynômes ; la version générale est un acquis du XIXe siècle.
Remarquez la dissymétrie des hypothèses : continuité sur le segment fermé, dérivabilité seulement sur l'ouvert. C'est ce qui permet d'appliquer le théorème à sur , dont la dérivée explose aux bornes.
Démonstration
La fonction est continue sur le segment : d'après le théorème des bornes atteintes, elle y admet un maximum et un minimum , tous deux atteints.
Premier cas : . La fonction est constante, sa dérivée est nulle partout, et n'importe quel de convient.
Second cas : . Comme , l'une au moins des deux valeurs et diffère de . Supposons par exemple . Le maximum est atteint en un point qui n'est donc ni ni : il est intérieur à l'intervalle. La fonction y est dérivable, et le lemme de Fermat donne .
Le raisonnement est identique si c'est le minimum qui diffère de .
Chaque hypothèse compte
| Hypothèse retirée | Contre-exemple sur | Conclusion |
|---|---|---|
| continuité sur | pour et | partout où elle existe |
| dérivabilité sur | ne s'annule jamais | |
| partout |
Une application immédiate : compter les racines
Entre deux racines consécutives de , la dérivée s'annule au moins une fois — il suffit d'appliquer Rolle avec .
Ainsi, si un polynôme de degré possède racines réelles distinctes, sa dérivée en possède au moins , donc exactement puisqu'elle est de degré . C'est la version dérivée du théorème, très utile pour localiser les racines.
Piège classique
Conclure à l'unicité du point . Le théorème n'en fournit qu'un, et il peut y en avoir beaucoup : pour sur , la dérivée s'annule quatre fois. Écrire « le réel tel que » est une faute de rédaction ; il faut dire « un réel ».

