Les accroissements finis
L'inégalité et ses applications
L'inégalité des accroissements finis
Si est continue sur , dérivable sur , et si pour tout de , alors
La démonstration tient en une ligne à partir de l'égalité : .
Appliquée à tout couple de points d'un intervalle , elle dit exactement que est -lipschitzienne sur — le pont avec la continuité uniforme.
Le théorème de la variation, enfin démontré
Le résultat que l'on utilise depuis le lycée sans le prouver découle immédiatement du théorème des accroissements finis. Soit dérivable sur un intervalle , et deux points de . Il existe entre et tel que
Comme , le signe de est celui de . On en déduit d'un coup les trois énoncés :
| Hypothèse sur | Conclusion |
|---|---|
| croissante | |
| strictement croissante | |
| constante |
Le dernier point suppose intervalle : sur , la fonction qui vaut sur et sur a une dérivée nulle sans être constante.
Majorations numériques
L'inégalité fournit des encadrements sans le moindre calcul de valeur exacte.
Puisque , on obtient pour tous réels et :
De même, sur , la fonction a pour dérivée , d'où l'encadrement classique
C'est aussi l'inégalité des accroissements finis qui borne l'erreur des méthodes numériques : une fonction de dérivée majorée par ne peut pas s'écarter de sa valeur tabulée plus vite que fois le pas.
Piège classique
Croire que la borne doit être atteinte. L'inégalité reste vraie pour n'importe quel majorant de : plus il est fin, meilleure est la majoration, mais un majorant grossier ne rend jamais l'énoncé faux. À l'inverse, une erreur bien réelle consiste à appliquer l'inégalité sur un intervalle où n'est pas bornée, comme au voisinage de .

