Le triangle de Pascal et ses usages
Le triangle de Pascal et le binôme de Newton
Les combinaisons possèdent une structure remarquable, qui permet de les calculer sans jamais toucher aux factorielles : le triangle de Pascal.
La relation de Pascal
C(n,k) = C(n-1, k-1) + C(n-1, k)
La démonstration tient en une phrase. Pour former un comité de k personnes parmi n, on regarde une personne particulière — disons Alice :
soit Alice est DANS le comité -> il reste k-1 places parmi n-1 -> C(n-1,k-1)
soit Alice n'y est PAS -> il reste k places parmi n-1 -> C(n-1,k)
Les deux cas sont incompatibles et couvrent tout : on additionne.
Le triangle
Chaque nombre est la somme des deux situés au-dessus de lui :
n=0 1
n=1 1 1
n=2 1 2 1
n=3 1 3 3 1
n=4 1 4 6 4 1
n=5 1 5 10 10 5 1
n=6 1 6 15 20 15 6 1
\ | /
\|/ 15 + 6 = 21 -> ligne suivante
On y lit directement C(6,2) = 15, C(5,3) = 10, sans le moindre calcul de factorielle.
Deux propriétés utiles
SYMÉTRIE : C(n,k) = C(n, n-k)
Choisir 3 personnes parmi 10, c'est aussi choisir les 7 qu'on laisse de côté. En pratique, on calcule toujours du plus petit côté : C(50,48) se calcule comme C(50,2) = 1225, en deux multiplications au lieu de quarante-huit.
SOMME D'UNE LIGNE : C(n,0) + C(n,1) + ... + C(n,n) = 2^n
Compter toutes les parties d'un ensemble à n éléments, groupe par groupe de taille, revient à les compter toutes d'un coup : chaque élément est dedans ou dehors, soit 2^n parties.
Le binôme de Newton
Les mêmes nombres apparaissent dans le développement des puissances :
(a + b)^n = C(n,0)a^n + C(n,1)a^(n-1)b + ... + C(n,n)b^n
(a + b)⁴ = a⁴ + 4a³b + 6a²b² + 4ab³ + b⁴
^ ^ ^ ^ ^
1 4 6 4 1 <- la ligne n = 4 du triangle
Pourquoi ? En développant (a+b)(a+b)(a+b)(a+b), chaque terme se fabrique en choisissant a ou b dans chaque parenthèse. Le coefficient de a²b² compte le nombre de façons de choisir dans quelles 2 parenthèses sur 4 prendre le b : c'est exactement C(4,2) = 6.
Le lien avec les probabilités
Cette lecture — « dans combien de parenthèses ai-je pris b ? » — est exactement le raisonnement de la loi binomiale. Répéter n fois une épreuve à deux issues et compter les succès fait apparaître C(n,k) de la même manière. Le triangle de Pascal est donc l'ossature du cours suivant.
En résumé
- Relation de Pascal :
C(n,k) = C(n-1,k-1) + C(n-1,k), d'où le triangle. - Symétrie :
C(n,k) = C(n,n-k)— calculer toujours du plus petit côté. - Somme d'une ligne :
2^n, le nombre total de parties d'un ensemble. - Binôme de Newton : les
C(n,k)sont les coefficients de(a+b)^n. - Le coefficient compte dans quelles parenthèses on a choisi
b— le raisonnement même de la loi binomiale.

