L'amplification : modèle petit signaux et montages
Le modèle petit signaux et le gain en tension
Principe de la linéarisation
Autour du point de repos Q, pour un signal alternatif de faible amplitude, le transistor se comporte comme un quadripôle linéaire. On décompose alors toute grandeur en une composante continue (majuscule) et une composante alternative (minuscule) : Ic = Ic0 + ic, Vce = Vce0 + vce.
Le modèle simplifié
En basse fréquence, le modèle petit signaux le plus utilisé associe :
- une résistance dynamique d'entrée re = Vt/Ie0 (Vt ~ 25 mV à température ambiante), qui traduit la jonction base-émetteur
- une source de courant commandée ic = beta*ib
Gain en tension du montage émetteur commun
Pour un montage émetteur commun avec Rc en collecteur et Re découplée par Ce, le gain en tension s'écrit :
Av = -Rc/re
Le signe négatif traduit un déphasage de 180 degrés entre l'entrée et la sortie. re dépend directement du point de repos : re = Vt/Ic0, donc plus Ic0 est grand, plus re est petit et plus le gain est élevé.
Exemple chiffré
Pour Ic0 = 1 mA, re = 25 mV / 1 mA = 25 ohms. Avec Rc = 2.5 kohms, Av = -2500/25 = -100.
Impédances d'entrée et de sortie
| Grandeur | Expression approchée |
|---|---|
| Ze (entrée) | R1 // R2 // (beta*re) |
| Zs (sortie) | Rc |
Piège classique
Utiliser une valeur fixe de Vbe (0.6 V) comme si re était constante : re dépend du courant de repos Ic0, pas d'une constante universelle. Autre erreur fréquente, oublier le signe négatif du gain, qui traduit une inversion de phase essentielle en filtrage et en contre-réaction.

