Compresser en pratique
Compression avec et sans perte
Deux familles de compression
Toutes les méthodes vues jusqu'ici sont sans perte : après décompression, on retrouve le fichier original bit pour bit. C'est indispensable pour un texte, un programme, un tableur — la moindre altération serait une erreur. Mais pour un son, une image ou une vidéo, on peut se permettre de perdre un peu : c'est la compression avec perte.
L'idée de la perte contrôlée
La compression avec perte supprime volontairement l'information que nos sens perçoivent mal. Le MP3 retire les sons qu'une autre fréquence masque à l'oreille ; le JPEG lisse les détails fins que l'œil distingue difficilement. On accepte une petite dégradation en échange d'un gain énorme de taille.
Comparaison des deux familles :
SANS perte (ZIP, PNG, gzip, FLAC)
fichier -> compresse -> decompresse = fichier IDENTIQUE (bit pour bit)
usage : texte, code, archives, images techniques
AVEC perte (JPEG, MP3, MP4)
fichier -> compresse -> decompresse = fichier PROCHE (mais pas identique)
usage : photos, musique, video ; gain de taille bien plus grand
Le compromis qualité/taille
Avec perte, on choisit un niveau de qualité : plus on compresse, plus le fichier est petit, mais plus la dégradation devient visible ou audible. À faible taux, la perte est imperceptible ; à taux élevé, apparaissent les fameux « artefacts » (flou, blocs, sons métalliques).
Bien choisir sa méthode
Le bon choix dépend de l'usage. On n'archive jamais du code source en JPEG (ce serait absurde et destructeur). On ne stocke pas non plus des milliers de photos en PNG sans perte si un JPEG dix fois plus léger suffit à l'œil. Sans perte pour ce qui doit rester exact, avec perte pour ce qui s'adresse aux sens.
Piège classique
La perte est irréversible et cumulative : chaque fois qu'on réenregistre un JPEG, on lui ajoute des artefacts, sans jamais pouvoir revenir à l'original. Réenregistrer plusieurs fois une image avec perte la dégrade progressivement, comme une photocopie de photocopie. Pour éditer, on travaille toujours sur une source sans perte, et on ne compresse avec perte qu'à la toute fin.

