Cacher plutôt que brouiller

Stéganographie vs cryptographie

La cryptographie et la stéganographie poursuivent le même but — protéger une communication — mais par deux voies opposées. Les confondre est une erreur classique.

Deux stratégies opposées

La cryptographie rend un message illisible. On voit bien qu'il existe une communication, mais son contenu est brouillé : sans la clé, on ne lit qu'une suite de caractères incompréhensibles.

La stéganographie fait autre chose : elle cache l'existence même du message. Personne ne soupçonne qu'une communication a lieu, car le secret est dissimulé dans un support d'apparence anodine — une image de vacances, un enregistrement sonore, un texte banal.

En grec, steganos signifie « couvert, caché » et graphein « écrire » : littéralement, l'écriture cachée.

Le tableau à retenir

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|                  |     Cryptographie         |     Stéganographie        |
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| Ce qui est caché | le CONTENU du message     | l'EXISTENCE du message    |
| L'observateur... | voit un message chiffré   | ne voit rien d'anormal    |
| Support typique  | texte chiffré assumé      | image, son, texte anodin  |
| Si on l'intercepte| on sait qu'il y a secret | on ne le soupçonne pas    |
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Quelques exemples historiques

L'idée est très ancienne :

  • l'encre invisible (jus de citron, révélé à la chaleur) : le message n'apparaît que si l'on sait qu'il est là ;
  • les micro-points photographiques du XXe siècle : un texte entier réduit à la taille d'un point de ponctuation ;
  • l'antiquité grecque : Hérodote raconte qu'Histiée fit tatouer un message sur le crâne rasé d'un esclave, puis attendit que les cheveux repoussent avant de l'envoyer.

Dans tous ces cas, un observateur ne voit rien : ni texte chiffré, ni signe de communication.

Les deux sont complémentaires

L'opposition ne doit pas tromper : en pratique, on ne choisit pas l'une contre l'autre, on les combine.

La bonne méthode est de chiffrer d'abord, cacher ensuite :

  1. on chiffre le message (il devient illisible) ;
  2. on cache ce message chiffré dans un support anodin (il devient invisible).

Ainsi, si la dissimulation est découverte, l'attaquant tombe encore sur un texte chiffré qu'il ne peut pas lire. Les deux couches se renforcent : la stéganographie protège l'existence, la cryptographie protège le contenu.

En résumé

  • La cryptographie rend le message illisible ; on voit qu'il y a un secret.
  • La stéganographie cache l'existence du message dans un support anodin.
  • L'étymologie grecque signifie « écriture cachée ».
  • Exemples historiques : encre invisible, micro-points, tatouage sur crâne (Histiée).
  • Les deux sont complémentaires : on chiffre puis on cache.